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RechercherDerniers commentairestest 18 fév 2026 http://philoso phiesciences.c enterblog.net
Par philosophiescience, le 18.02.2026
excellente critique, m. bernier. m. abraham est un sociologue qui enseigne à hec. je doute qu'il ait jamais im
Par Anonyme, le 16.11.2020
je n'aime plus
je veux que tu écris la fable avec une récapitulatio n.. c'est plus bien
Par Amel, le 01.04.2017
@m. marc brullemans
merci pour l'invitation. je serai en classe avec mes étudiants(es) de physique demain
Par philosophiescience, le 02.05.2016
plusieurs scientifiques du regroupement vigilance hydrocarbures québec (rvhq.ca) et du collectif scientifique
Par Marc Brullemans, le 02.05.2016
Date de création : 13.02.2011
Dernière mise à jour :
03.12.2025
47 articles
Ce court article a pour seul but de clarifier l'origine du concept de 'dieu chiquenaude' qui revient partout dans mon livre: L'enfant, le lion, le chameau.
On sait que René Descartes, comme tant d'autres philosophes et chercheurs avant et après lui, en était venu à concevoir un univers où tout est ordonné. Selon Descartes, on n'aurait qu'à connaître la position et la vitesse de toutes les particules au temps zéro de l'univers, et on pourrait prédire tout ce qui doit s'ensuivre. Comme sa conception de l'être vivant, de tout être vivant incluant l'être humain, était qu'il s'agit d'une machine faite de ces mêmes particules, on peut imaginer que Descartes avait l'amibition de tout expliquer, même votre pensée la plus intime.
Mais comment et d'où les particules avaient-elles reçu l'information qui les avait placées dans leurs états du temps zéro? Comment l'univers avait-il été mis en branle? Le grand physicien et philosophe Blaise Pascal, contemporain de Descartes, reprochait à Descartes d'avoir utilisé Dieu pour lancer le jeu mais lui avoir interdit, par la suite, d'intervenir de quelque manière dans ce jeu. Voici celle de ces Pensées de Pascal dans laquelle celui-ci fait ce reproche à Descartes:
'Je ne puis pardonner à Descartes; il aurait bien voulu se passer de Dieu; mais il n'a pu s'empêcher de lui faire donner une chiquenaude, pour mettre le monde en mouvement; après cela, il n'a plus que faire de Dieu,' (Blaise Pascal, Pensées, Paris, Librairie Générale Française, 1973, p. 36)
C'est en pensant à cette citation de Pascal que je reviens toujours lorsque je parle du 'dieu chiquenaude'. Un dieu qui a peut-être l'attribut d'exister, qu'en sait-on?, mais qui ne peut plus rien faire pour changer l'ordre du monde qu'il aurait jadis lancé si l'on en croit les mythes de la création.
Si l'on veut bien regarder de près l'image de Dieu qui peut bien rester aux tenants du Dessein Intelligent, on devra conclure qu'il s'agit d'un dieu chiquenaude. Il existe peut-être mais, comme il a les mains liées par les lois rationnelles de l'univers qu'il a jadis créé, il ne peut répondre à vos prières, il ne peut dicter le Décalogue à qui que ce soit, il ne peut faire de miracle, il ne peut réorienter la marche du monde, et ainsi de suite. A quoi, au juste, sert-il?
Je crois que la seule motivation ultime derrière tout l'effort du Dessein Intelligent, car il s'agit d'un réel et gigantesque effort de persuasion, est la suivante: 1) semons d'abord le doute dans l'esprit des gens: malgré la science, et en raison d'ailleurs des failles encore présentes dans son édifice, il reste donc une possibilité pour l'existence d'un Dieu; 2) ensuite, mine de rien, concluons au paralogisme suivant: Dieu peut exister, donc Dieu existe ... donc la morale conservatrice est fondée.
Car, en effet, c'est à quoi on se retrouve bien vite associé dans le discours du Dessein Intelligent. Le pas n'est jamais bien grand entre le discours éduqué de la science la plus haute et les appuis aux mouvements pro-vie et au retour à la famille d'antan.
À part ça, à quoi peut bien servir le dieu chiquenaude auquel nous sommes toujours ramenés à la suite d'une recherche honnête qui ne mette pas d'emblée hors-jeu le discours scientifique?
Robert Bernier
Je suis présentement occupé à lire et analyser un livre publié récemment par un collectif d'auteurs associés à la mouvance du Dessein Intelligent. En attendant de pouvoir vous en livrer un compte-rendu sur ce blogue, je vous présente un extrait de mon livre 'L'enfant, le lion, le chameau'. Cet extrait (les pages 124-132) provient du chapitre 2 dans lequel je présente ma réponse à la grande question du Dieu Horloger, de même que ma réponse aux tenants du Dessein Intelligent. Que cherchent-ils? Que pensent-ils avoir gagné?
Quelques éléments de la mise en page du livre n'ont pu être conservés dans cet extrait mais l'ensemble du texte s'y retrouve bel et bien.
Alors, je vous souhaite bonne et lecture et je vous dis à bientôt.
Robert Bernier
Et Dieu là-dedans?
A la fin de ce chapitre, est-ce que j’ai rempli la commande que vous
m’aviez donnée, euh...pardon, ce défi que je m’étais à moi-même
proposé: expliquer la diversité et la complexité du vivant en termes de
rapports et de lois reposant sur des processus physiques et chimiques
simples.
La réponse honnête est: ni oui, ni non.
Dans le discours sur l’origine de l’univers et de ses structures à toutes
les échelles, on a vu que la science propose une compréhension
approfondie des lois et des processus qui les rendent possibles. Maison a vu aussi qu’un voile se pose sur l’instant zéro, au début du temps.
Pour ce qui concerne le discours de la science sur le vivant, il en va de
même. On en explique le fonctionnement. On décrit même très bien
les mécanismes qui rendent possible l’évolution des formes depuis
les commencements. Mais le début, la première cellule, reste un
moment caché. Contrairement à ce qui concerne le début de l’univers,
dont je doute qu’on puisse jamais le reproduire en laboratoire, tout
mène à penser qu’on arrivera un jour à reproduire les germes de la
vie en laboratoire. Tout est là. Mais c’est un puzzle d’une immense
complexité.
Alors quoi? Qu’en est-il du mythe du Dieu horloger si cher aux
Encyclopédistes, aux philosophes des Lumières et désormais dernière
bouée de sauvetage des néo-créationnistes?
La réponse honnête est que la question n’est pas réglée. Mais des
contraintes incontournables ont été posées quant à la spécification de
ce que peut faire ce Dieu horloger.
Certes, les contraintes internes à la base du vivant, telles que je les
45Darwin, C.,L’origine des espèces, op. cit.,p. 490
ai analysées longuement, se montrent comme la démonstration del’existence d’un plan. L’universalité du tissu du vivant semble crier àl’existence d’une explication par unDesigneruniversel.
Mais l’unité du vivant peut aussi, nous venons de le voir, être
expliquée par la théorie de la sélection universelle. On peut bien si
l’on veut supposer qu’il y ait eu plusieurs commencements et même
recommencements à la vie. Mais il semble qu’une seule souche ait été
conservée, ce qui expliquerait l’universalité de la recette biochimique
du vivant.
Et le Dieu horloger là-dedans, où donc est-il?
Réglons une question d’abord, celle de l’évolution des formes par
descendance avec modifications. Si on ne l’accepte pas, on doit quand
même présenter une explication à l’existence des fossiles et à la réalité
des organes rudimentaires ou imparfaits. D’où viennent-ils et à quelles
intentions secrètes d’un Dieu créateur répondraient-ils? Pourquoi un
Dieu omnipotent se serait-il, à lui-même mais aussi à ses créatures,
imposé un parcours parsemé d’échecs, de recommencements … et de
souffrances?
La réponse la plus simple est de tout mettre sur le compte de Satan,et de sa volonté de nous induire en erreur, et de passer à autre chosecomme l’ont fait les créationnistes comme toute première réactionau darwinisme. Si on accepte ce genre de réponse, mieux vaut fermerl’entreprise de la science tout de suite. Dieu, sans être malicieux luimême,laisserait son côté sombre l’être à sa place. Einstein aurait toutfaux.
L’autre réponse possible est que le Dieu horloger, lorsqu’il a mis
l’univers en mouvement, avait voulu la vie, avait posé les bases
physico-chimiques la rendant possible, mais que sa sagesse ne
s’étendait pas jusqu’à tout prévoir dans les moindres détails. Depuis,
il passe l’essentiel de son temps à rectifier le tir: un coup de baguette
divine de-ci de-là afin d’éliminer telle ou telle espèce qui lui semblera
être devenue un obstacle dans la voie de la réalisation de son grand
projet: l’homme. Évidemment, on sait bien que le but ultime du Dieu
horloger ne peut être que l’homme, ce ‘Parangon du monde animal’
comme le proclame Hamlet.
Dans les deux cas, on parle d’un Dieu qui n’a jamais eu le plein contrôlede sa création ou alors qui l’a perdu (aux mains de l’ange noir).
Je renonce à discuter de la première hypothèse. Si on l’accepte, si Dieuet Belzébuth se jouent de nous, tous les livres deviennent inutiles,
sinon carrément scandaleux au sens bien compris de la maxime
chrétienne qui promet ‘Malheur à celui par qui le scandale arrive’. Car
dès lors que l’on ouvre la bouche pour décrire l’univers autour de soi,
on risque de se faire l’outil du ‘Malin’. C’est l’univers de ma jeunesse.
Il est tout à fait stérile. Il interdit toute connaissance, toute science. Il
ne permet que le silence et la fatalité. Et puis, il est contredit chaque
jour par l’excellence, l’universalité et la stabilité des connaissances
scientifiques dans tous les domaines, incluant celui de la médecine,
qui touche chacun de près à un moment ou l’autre.
La deuxième hypothèse est plus respectable. C’est celle d’une espèce
de Dieu adolescent qui se découvre lui-même au fur et à mesure du
déploiement de son activité créatrice. Hegel et Teilhard de Chardin
s’y retrouveraient, je crois. Et Bergson aussi.
La deuxième hypothèse accepte l’idée fondamentale de l’évolution.
Elle accepte donc, par la bande, les fondements déterministes
biochimiques du vivant. C’est donc, comme dans le cas des origines
du monde matériel, à une espèce de Dieu chiquenaude que nous
avons à faire. Il a mis le monde en mouvement et, après, se retrouve
prisonnier des lois qu’il a lui-même édictées. Ces lois lui imposent la
patience devant un lent processus de maturation qui mène des atomes
à la première cellule, puis de celle-ci à vous cher lecteur. Mais ce
Dieu-là est tout de même moins impuissant que le Dieu chiquenaude
de la physique. Il peut, de-ci de-là, exercer sa puissance créatrice
pour accélérer le mouvement et réduire à néant le résultat de ses
manquements passés.
A quels moments de l’histoire du vivant ce Dieu diminué a-t-il agi? Si
on lui concède la puissance d’avoir démarré le monde à l’instant zéro, il
va sans dire que les autres moments de son action correctrice doivent
se situer là où la science n’a pas ou pas encore de réponse. Aujourd’hui,
pour expliquer l’origine du code génétique et de la première cellule par
exemple. Qu’arrivera-t-il à ce Dieu peau de chagrin quand la science
saura proposer une réponse cohérente à ces deux questions?
Ce Dieu-là est ce que des tenants du néo-créationnisme eux-mêmes
appellent un Dieu des Interstices46.God-of-the-Gapsest le terme
qu’utilise l’un d’entre eux. C’est évidemment pour s’en préserver que
46Intelligent DesignCreationism and its critics, op. cit., p. 350 et 502
ce théologien condamne le recours aux failles existant aujourd’hui
dans la science, aux interstices dans l’édifice du savoir. Mais il n’a pas
de réponse. Il est lui aussi condamné à placer l’action de son Dieu là
où la science n’a pas (encore) pu projeter sa lumière.
...
L’exemple le plus récent de ce genre de littérature qu’il m’ait été
donné de rencontrer est un livre publié en 2007 par l’Université
Interdisciplinaire de Paris (UIP)47. L’auteur, M. Jean Staune, trouve
une place pour Dieu dans les interstices laissés béants par la science aux
divers endroits suivants: premièrement, la non-localité de la matière
au niveau particulaire; deuxièmement, l’existence des contraintes
internes dans l’évolution des formes vivantes, qu’il interprète comme
le résultat de l’existence d’un plan fondamental pour les formes du
vivant; enfin, l’existence, chez l’homme, d’une conscience réflexive
par laquelle Dieu peut s’ingérer dans les affaires du monde. Chaquediscussion, du point de vue scientifique, est dabord bien menée. Puis,
comme c’est courant dans ce genre littéraire, l’auteur pointe du doigt
les explications manquantes, et y insère son Dieu, sonGod-of-the-Gaps.
Il ne se gêne pas pour suggérer l’existence d’une sorte de complot
organisé par la communauté scientifique, vue comme parfaitement
monolithique, pour empêcher la publicisation de ces faiblesses de
la science. L’ouvrage se termine par une postface rédigée par un
autre membre de l’UIP. Ce dernier n’hésite pas à nous présenter un
discours à la Sarkozy, un appel aux valeurs d’avant Mai 68, avec une
vraie morale. ‘Contribuer au réenchantement du monde, selon le mot
de Prigogine, tel est le véritable but de cet ouvrage’48, nous dit l’auteur
de la postface. À la lecture, on s’en était douté.
Les frères Bogdanov, eux, choisissent le seul instant du début de
l’univers comme interstice pour insérer leur Dieu. Ils le font à travers
toute une série de livres populaires dans chacun desquels ils n’ont de
cesse que d’insister sur le caractère mystérieux de l’ajustement fin des
constantes de l’univers.
Contribuer au réenchantement du monde, c’est peut-être aussi ce à
quoi vise le physicien Bernard d’Espagnat dans son argumentation en
faveur d’unréel voilédont il dit qu’il pourrait être vu comme étant de
nature spirituelle. Cette ouverture vers l’Être fondamental, il la voit
comme une permission qu’il redonne au scientifique de considérer
avec bénévolence les émotions profondes en lui qui l’appellent à
‘tendre–avec confiance et persévérance- vers quelque chose qu’il ne
47Staune, Jean,Notre existence a-t-elle un sens?,Paris, Presses de la Renaissance, 2007, 533 p
48ibid,p. 489
52
pourra jamais vraiment atteindre et qui, de ce fait, tel un horizon,
participe de la transcendance.’49Pour d’Espagnat, il semble qu’il faille
qu’il existe une transcendance pour que le scientifique soit motivé
à fournir son effort à la recherche. Ailleurs, le même auteur accuse
encore ‘l’abandon progressif de toute référence au réel’ d’être peutêtre
la cause d’une ‘artificialité croissante’ qu’il trouve dans la poésie
et dans les arts modernes en général50. Pour d’Espagnat, la pensée que
l’Être existe pourrait être une source acceptable de motivation à aller
plus loin, plus haut. C’est semble-t-il cette permission qu’il veut nous
redonner. Ce faisant cependant, il a mis sa pensée en porte-à-faux,
comme le montre bien le fait que ses travaux soient couramment cités
par l’auteur Jean Staune auquel je viens de référer. Je ne suis pas sûr
que d’Espagnat souscrirait à tout ce qu’on lui fait dire.
Permettez-moi de continuer ici sur une note plus personnelle. Vers
le milieu des années 1980, donc cinq ou six ans après la rédaction de
la première version du présent ouvrage –version où j’arrivais à une
formulation personnelle duDessein Intelligent, je m’en confesse à
nouveau- je fis la connaissance, à travers quelques-uns de ses livres, du
philosophe français Claude Tresmontant.
En lisant son ouvrageComment se pose aujourd’hui le problème de l’existence
de Dieu51, je découvris un philosophe qui avait parcouru le même
chemin que moi et en était arrivé aux mêmes conclusions. Mais, là,
un vrai philosophe. D’une érudition réconfortante sur les capacités
de la bête humaine. En plus d’avoir une compréhension approfondie
des divers domaines de la science que j’avais moi-même commencé à
explorer dans le cadre de ma recherche, Tresmontant montrait une
maîtrise impressionnante des grands textes de la métaphysique.
Je dévorai cet ouvrage en savourant ce genre de plaisir qu’on peut
avoir à mener une conversation par-dessus la clôture avec quelqu’un
qui partage vos vues et vous renvoie une image flatteuse de vousmême.
Mais, tout au long de cette lecture, un sentiment de mauvaise
conscience grandissait en moi. Il y avait cette atmosphère généralisée
de mise au défi de la science. Une façon de présenter à la science des
défis qu’elle ne pourrait jamais relever, dans le but à peine effleuré à la
fin de l’ouvrage de sauver Dieu.
Tresmontant trouve trois interstices, troisGaps,dans lesquels
placer l’action nécessaire du Dieu créateur: le surgissement de l’être
(Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?), l’organisation de
la matière qui mène à la vie et, enfin, l’existence de la conscience
(humaine). Mon lecteur aura noté que ces interstices sont les mêmes
que ceux que j’avais moi-même identifiés. D’autres en trouveront plus.
Insatisfaits de la théorie de l’évolution, ils trouveront un interstice à
chaque nouvelle espèce par exemple. Mais bon. L’idée de base est là.
Malgré toutes ses préventions, Tresmontant trouve son Dieu là où la
science n’a pas encore de réponse.
Près de trente ans plus tard, je me retrouve assez satisfait des réponses
de la science pour ce qui concerne l’avènement de la vie et celui de la
pensée. Le seul interstice que je concède encore à Tresmontant, c’est
celui du temps zéro du surgissement d’être que constitue l’existence
d’un univers. À partir de là, je pense que la nature contient en ellemême
les possibilités d’auto-organisation requises pour monter
sans aide tous les degrés jusqu’à et y compris celui de la conscience
humaine.
Je pose une question à Tresmontant (et aux émules duDessein
Intelligent). Que pense-t-il avoir gagné? Ce Dieu qu’il a sauvé, n’est-il
pas un Dieu chiquenaude, qui a mis l’univers en mouvement et ne peut
plus que le regarder aller? Un Dieu qui ne peut opérer de miracles, qui
ne peut se permettre de répondre à nos prières sous peine de briser
l’ordre cosmique par lui institué. Un Dieu, enfin, qui ne peut même
pas descendre sur Terre pour nous tendre les Tables de la Loi.
Au terme d'une longue recherche qui s'est étirée sur plus de 30 années de vie et de carrière à titre de physicien, je publiais récemment, à compte d'auteur, le livre intitulé: L'enfant, le lion, le chameau. Son sous-titre: Une pensée pour l'homme sans Dieu.
Ce livre est le résultat d'une recherche sur le thème de la Vérité. Entourés que nous sommes tous de personnes et de groupes qui prétendent la posséder, il n'est pas inutile de s'interroger sur cette notion de Vérité.
Vite, on s'aperçoit qu'il faut commencer par répondre à cette autre question: comment l'homme prend-il connaissance du monde qu'il habite? Et, très tôt, on s'aperçoit qu'il faut d'abord se positionner sur la question de l'origine naturelle ou 'divine' de l'être humain.
Ce livre est le résultat de cette recherche qui m'a fait parcourir le long chemin passant par un profond questionnement scientifique et philosophique: physique quantique, astrophysique, biologie, neurosciences, psychologie, histoire, sociologie, philosophie sont au rendez-vous.
Après avoir longtemps été un croyant catholique, mon cheminement m'a amené à prendre position de l'autre côté du pari de Pascal. Je 'crois' désormais qu'il est hautement plus probable que l'homme tout entier, le meilleur de sa conscience y compris, soit d'origine purement naturelle. Ma position philosophique est donc celle d'un matérialisme athée. Et, dans ce livre, je m'aventure à en tirer quelques conséquences sur la pensée philosophique et, même, sociale.
Ce livre est donc un exposé des arguments de nature scientifique et philosophique qui m'ont progressivement amené à rejeter l'idée que ce qu'on appelle la 'Vérité' puisse être quelque chose qui nous soit donné par telle ou telle autre forme d'Être Suprême.
Je vous invite à m'accompagner sur ce chemin de découvertes qui vous fera passer par plusieurs des grands noms de la science, de la philosophie et de l'histoire.
Et vos commentaires et questions seront les bienvenus.
Le livre est disponible dans quelques librairies Renaud-Bray, chez Olivieri, à la Librairie L'Odyssée de Boucherville de même qu'au magasin Archambault de Boucherville. Vous pouvez également vous le procurer directement de l'auteur.
Le livre est également disponible désormais sur Amazon.ca.
Et l'auteur vous salue,
Robert Bernier
Physicien
Boucherville